Histoire de notre commune

 Histoire de Vibeuf

Présentation :

Commune à la fois rurale et résidentielle, Vibeuf présente sur le plateau du Pays de Caux, un territoire assez homogène d’une superficie de 865 hectares. Bordé à l’ouest par les communes d’Ouville l’Abbaye et de Yerville son chef-lieu de canton, à l’est par Imbleville et la Fontelaye puis au nord et au sud par Lindebeuf et Bourdainville, il est le résultat d’une construction féodale à la manière d’un Etat dont les frontières sont le fruit de l’histoire. La commune comprend quatre hameaux Beautot, Le Petit et le Grand Gruchet, Chateauroux, disséminés entre les terres agricoles dont la plupart étaient des « fiefs « ce qui explique en partie la richesse et la diversité des noms de lieux. Regroupant aujourd’hui 630 habitants, elle présente une certaine unité de paysage à peine rompue par la légère dénivellation qui entaille le plateau à l’est et se poursuit jusqu’à la vallée de la Saâne. Cet espace, vaste zone à vocation agricole tournée vers les cultures et l’élevage, est organisé autour du village presque situé au centre de la commune et niché dans un écrin de verdure en retrait de la route départementale. Il présente les caractéristiques d’un véritable centre bourg dont l’ossature est formée par l’église, les écoles et la mairie. Sous l’effet d’une croissance démographique amorcée depuis une trentaine d’années, son tissu urbain s’est progressivement étendu autour de ce centre et dans les hameaux grâce à la construction de maisons disséminées de part et d’autre d’un habitat rural plus traditionnel

 Les silences de l’Histoire :

Les plus anciennes mentions conservées remontent à la fin du XII siècle sous la forme latine de Wybo dont l’orthographe a connu de nombreuses transformations :Wibout en 1210, Wibeu au XIII siècle et Vibotum en 1337. Ces orthographes ifférentes permettent de comprendre que l’écriture des noms dépend de la prononciation, elle-même liée à l’introduction de nouveaux parlers. Quelqu’en soit la forme, il est composé du suffixe d’origine scandinave buth ou both qui désigne la maison ou le domaine et de la racine wit ou Wid qui peut tout aussi bien venir de l’anglais White, blanc, que du nom d’homme d’origine germanique Wido. Vibeuf pourrait ainsi désigner le nom d’un lieu où se dressait une maison blanche ou rappeler l’existence d’un antique domaine ayant appartenu à un certain Wido. Il demeure impossible de privilégier l’une ou l’autre des ces hypothèses qui peuvent chacune être expliquées par la géographie.

La commune est en effet située entre 160 et 170 mètres d’altitude sur un plateau qui s’entrouvre en direction de Chateauroux, puis s’abaisse d’une soixantaine de mètres jusqu’à la vallée de la Saâne. Sans laisser voguer l’imagination, sans doute faut-il concevoir que des Vikings aient, à l’occasion d’un raid sur les côtes de la Manche au IX ou au X siècle, remonté la vallée puis le vallon qui la poursuit pour accéder sur le plateau. Un capitaine de drakkar, peut-être ce Wido, se serait établi sur les hauteurs de l’actuel territoire communal avant de s’y proclamer le maître du sol. Cette explication, certes rationnelle, demeure plus imaginaire qu’historique. Il en est de même pour la seconde hypothèse, liée à l’établissement des voies de communication.

 Le territoire communal est en effet bordé par deux voies gallo-romaines :

-la première, joignant Pavilly à Doudeville, passait à l’ouest par Saint Martin Aux arbres et Criquetot sur Ouville

-la seconde, conduisant de Pavilly à Fontaine le Dun, reliait Bourdainville à Lindebeuf en passant par Gruchet. Le nom de ce hameau, aussi orthographié Grouchet, est un toponyme assez fréquent en Normandie. Il provient du mot gaulois Grou, caillou et désigne une caillourie, c'est-à-dire un endroit où l’on pouvait extraire suffisamment de matériaux pour empierrer les routes, ce qui aurait peut-être permis d’élever une maison en pierre dont la blancheur aurait contrasté avec les plus modestes demeures en torchis. Cette étude fait ressortir l’importance de l’apport scandinave que l’on retrouve également dans le nom du hameau de Beautot, composé du suffixe topt désignant le domaine rural et témoigne d’une occupation humaine remontant au IX ou au X siècle. Il est néanmoins probable que des hommes vivaient à Vibeuf depuis plus longtemps comme en témoignent la caillourie de Gruchet ou les quelques vestiges archéologiques exhumés depuis le XIX siècle. En 1858, de nombreux vases étaient sortis de terre dans l’une des plus anciennes allées du château de Thibermesnil ; un siècle plus tard, en I963, Monsieur Michel Mansois, agriculteur vibeuvien, découvrait en travaillant l’une de ses terres situées entre Vibeuf et Thibermesnil, quelques urnes funéraires gallo-romaines qui témoigneraient de l’existence d’un ancien cimetière. D’autres enfin ont émis l’idée que de la voie romaine reliant Saint Martin aux Arbres à Criquetot sur Ouville, partait une voie secondaire conduisant à l’église de Vibeuf. Tous ces indices peuvent laisser penser que la commune était un centre assez actif dès les époques les plus reculées.

 

Les années profondes :

Attestée pour la première fois en 1198 Vibeuf était le centre d’une seigneurie qui comprenait plusieurs domaines d’inégale importance dépendant les uns des autres et relevant, au travers de la seigneurie de Thibermesnil, du Comté de longueville. A une époque où la terre était la seule source de richesse, il fallait pour s’attacher quelqu’un, lui céder un domaine en échange des services, l’aide et le secours, qu’il avait le devoir de rendre. Ce dernier pouvait régir les personnes qui vivaient sur sa terre et percevait d’elles des rentes ou droits seigneuriaux. Il avait aussi la possibilité de concéder son domaine à d’autres seigneurs moins importants qui lui rendaient hommage à leur tour. Ces règles féodales perdurèrent jusqu’à la Révolution et expliquent l’importance diu morcellement territorial qui allait caractériser Vibeuf. On y dénombrait quatre domaines distincts dont l’importance allait varier au fil des siècles : Gruchet, Beautot, Champ-Raoult et Vibeuf.

- Le premier, le fief de Gruchet, était aux IXè et Xè siecles le centre d’une assez considérable seigneurie dont les terres s’étendaient sur Lindebeuf, Thibermesnil et la Fontelaye. C’est là que se dressait un château, imposante demeure fortifiée édifiée aux mêmes époques, auquel succéda au XVIè siècle l’élégant manoir des Tourelles. La présence de douves, encore attestées sur le plan cadastral dressé dans les premières années du XIXè siècle et l’existence d’une ancienne chapelle sans doute seigneuriale construite au XIè siècle à son immédiate proximité en sont les seuls souvenirs. Le château, la chapelle et tout le domaine attenant appartenait aux sires de Gruchet. Il demeure difficile de savoir à quelle époque la seigneurie de Gruchet devint un fief des seigneurs de Thibermesnil, qui la possédaient au milieu du XVIè siècle.

- Le second, le fiel de Beautot, appartenait à l’origine à une famille éponyme dont le souvenir est mal conservé. Il semble qu’elle se soit progressivement éloignée de son domaine puisque celui-ci relevait en 1398 de Pierre de Guérillon, chevalier et maître archer, qui portait le titre de seigneur de Beautot. Etablie à la fin du XVè siècle à Mezières, la famille de Beautot conserva néanmoins quelques attaches à Vibeuf puisqu’un certain Jacques de Beautot y possédait encore des terres en 1503.

- Les deux derniers domaines, ceux de Champ-Raoult et de Vibeuf relevaient du comté de Longueville. Le fief de Champ-Raoult, aussi orthographié Chanroult et qui correspond aux terres de l’actuel hameau de Château Roux, relevait directement du comté de Longueville tandis que Vibeuf formait, au moins depuis le XIIIè siècle un assez vaste ensemble avec Thibermesnil. En 1297 en effet, un certain Raoul de Thibermesnil, dit Belle épée, entreprit de faire défricher de nombreuses terres qu’il concéda aux habitants des deux paroisses. Cette puissante seigneurie appartenait au milieu du XVè siècle à la famille Bigot.

Cet enchevêtrement de noms, de domaines et de fiefs, aussi complexe soit-il, est en fait très significatif des liens féodau

 Le MANOIR DES TOURELLES :

Edifié au XVIè siècles, cet élégant et solide logis seigneurial construit en blocage et chaînes de pierre, fut remanié à de nombreuses reprises comme en témoigne la construction d’une aile latérale au XVIIè siècle. Transformé au XIXè siècles en maison de ferme après le comblement des douves qui l’entouraient, il perdit alors un peu de cet éclat que la famille Lestelle puis Monsieur et Madame Larchevêque se sont attachés à lui restituer.

  L’ANCIEN PRESBYTERE :

Lorsque l’abbé Houdement fut nommé à la cure en 1870, le bâtiment qui servait de logement étant en très mauvais état, le conseil municipal décida, dans un premier temps, d’en édifier un nouveau en face de l’église. Mais, deux ans plus tard, le conseil décide d’acquérir le bâtiment qui avait servi de presbytère jusqu’à la révolution. Il appartenait à Monsieur Cauchois Hilaire qui fit quelques difficultés pour le céder. Les travaux de rénovation et d’agrandissement ont été confiés en 1876 à Monsieur Viandier, maçon à Vibeuf. Il servit de presbytère jusqu’à ce que la municipalité décide de le vendre en 1963, deux ans après le départ de l’abbé Farcy, dernier curé résidant dans la paroisse.

 L’ECOLE DES FILLES :

Le vieux presbytère, trop délabré pour servir d’école aux jeunes filles, le Conseil Municipal décida de faire construire un nouveau bâtiment. Les plans furent dressés par Monsieur Martin, architecte à Yvetot, et furent adoptés en juillet 1879. Le bâtiment, offrant un logement pour l’institutrice et une classe attenante, était achevé le 28 mars 1882 ; il avait coûté 13 000 F. Il est aujourd’hui le cœur de l’actuelle bibliothèque.

 L’ECOLE :

L’école a été construite en 1869. Ce projet était l’aboutissementd’une dizaine d’années de réflexion et avait été retardé pour d’évidentes raisons financières jusqu’à ce que le conseil municipal décide d’acquérir un terrain appartenant à Monsieur Lucien Coignard. Après la signature de la promesse de vente en 1864, les plans approuvés l’année suivante, les travaux étaient achevés le 20 novembre 1869. Cette solide bâtisse offrait au rez de chaussée une vaste salle de soixante m2 destinée à accueillir les élèves tandis que l’étage était réservé au logement de Monsieur Théodule Langlet, nommé instituteur en 1868, à l’exception d’une petite pièce aménagée en mairie. Sa construction avait coûté près de 10 000 F, à une époque où un journalier gagnait entre 250 et 300 F par an.

 LE JACQUART :

Vibeuf était devenu, au tournant du XIXè siècle, grâce à l’usine textile du Jacquart, un centre industriel de premier plan. Son nom provient du mécanicien, Joseph Jacquart, qui mit au point à la fin du XVIIIè siècle la machine à tisser qui porte son nom. Elle permettait, à un seul ouvrier au lieu de plusieurs, de reproduire des motifs ou des dessins variés et multicolores. Cette usine textile, dirigée à partir de 1858 par Monsieur Damiens puis par Monsieur Biard, offrait du travail à de nombreuses personnes de Vibeuf et des communes avoisinantes. En proie à quelques difficultés, elle fut restructurée en 1893 en fabrique de poudre de lait par Monsieur Duguay de la Fauconnerie. L’entreprise, dont la tradition assure qu’elle fut un temps transformé en chocolaterie, se mua en 1928 en une dynamique laiterie coopérative qui disparut au début des années 1970. Elle était organisée autour d’un long bâtiment, véritable cathédrale industrielle en grande partie défigurée par un incendie en 1947, encadré de deux maisons qui servaient àsa droite d’habitation au directeur, et à sa gauche de logement pour quelques ouvriers.

 

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